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Éditorial



Décembre 2008 

  LA RÉFORME, SES VERTUS, SES VICES, ET LA QUALITÉ DE L’ÉDUCATION  par ( R. Tremblay )  

Depuis plusieurs années j'entends parler de la réforme de l'éducation. On est farouchement contre ou l'on est farouchement pour, il ne semble pas y avoir de milieu, d'opinions modérées.


J'ai souvent discuté avec des collègues, des enseignants qui oeuvrent au primaire ou au secondaire, qui enseignent les maths, les sciences, le français ou les sciences humaines.  Plusieurs ridiculisent les compétences transversales, l'évaluation lettrée, le travail par équipe, la promotion automatique et ils entretiennent une nostalgie parfois morbide des anciennes méthodes, du bourrage de crâne, de la mémorisation à outrance et de la bonne vieille dictée. D'autres au contraire sont montés à bord du train de la réforme, se sont relevés les manches, se sont remis en question et défendent avec ferveur les mérites de la nouvelle façon de faire.


Je rencontre fréquemment ces deux types de professeurs, les «pour» et les «contre» et je puis affirmer que dans les deux clans se trouvent d'excellents professeurs qui se dépensent sans compter et qui obtiennent des résultats exceptionnels avec leur élèves. Je pourrais en nommer plusieurs, ils se trouvent parmi vous,  ils sont tous passionnés, épanouis, heureux et je les admire.

 

Il y a quelques jours, j'ai eu le plaisir de rencontrer lors d'un concert bénéfice, le directeur du collège Régina Assumpta M. Pierre Carle.  En discutant avec lui des vertus et des vices de la réforme, nous en sommes vite venus à reconnaître que ce n'est pas tellement la réforme ou son contraire qui font la différence, mais plutôt la qualité de l'enseignant qui transmet la matière. Il importe peu que ce soit sur la forme de connaissances ou de compétences, leur succès est le même.


M. Carle prétend qu'il est de plus en plus difficile de recruter d'excellents professeurs. Il déplore que plusieurs jeunes professeurs abandonnent la profession après quelques années d'exercices et que d'autres au seuil de la retraite sont devenus aigris et allergiques au changement.


Pourtant l'enseignement est un métier qui s'apprend sur le tas.  L'université nous fourni des outils mais c'est sur le terrain qu'on apprend à s'en servir.  Les jeunes enseignants devraient se donner le temps d'apprendre plutôt que de lâcher au premier revers.  Si je vous racontais toutes les bévues que j'ai commises au cours de mes cinq premières années… et M. Carle m'en disait autant ! Je déplore qu'on ne fasse pas appel aux prochains retraités pour guider les plus jeunes, peut-être y trouveraient-ils une nouvelle motivation. On ne cesse jamais d'apprendre à être un bon enseignant. Personnellement, ma dernière année (ma 32e) fut ma meilleure !

Robert Tremblay